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Hommage à Michel Vocoret

Hommage à Michel Vocoret

Michel Vocoret, comédien et réalisateur français, nous a quittés dimanche 13 novembre à l’âge de 78 ans.

Né le 2 octobre 1938, l’artiste débute sa carrière au cinéma, en 1957, devant la caméra de Robert Darène, dans Mimi Pinson, aux côtés de Dany Robin, Micheline Dax, Patrick Dewaere, Roger Dumas et Robert Hirsch. Simultanément, on le découvre sur les planches, dirigé par Jean Meyer, au théâtre des Bouffes-Parisiens, à l’affiche de La Bagatelle signé Marcel Achard.

Aidé d’un physique singulier et d’une voix inimitable, Michel Vocoret ne passe pas inaperçu. Bon nombre de réalisateurs font alors régulièrement appel à lui, d’Yves Robert (Signé Arsène Lupin) à Philippe de Broca (Le Cavaleur), Marc Allégret (Un drôle de dimanche, Les Affreux), Michel Boisrond (Voulez-vous danser avec moi ?, Comment épouser un premier ministre), Jacques Poitrenaud (Du grabuge chez les veuves), sans oublier Marc Camoletti (Duos sur canapé).

Michel Vocoret dans Embraye bidasse, ça fume ! (Max Pécas, 1978)Mais il sympathise surtout avec Max Pécas, et le suit dans moult délires, qu’ils soient gentiment érotiques (Je suis une nymphomane, Claude et Greta, Sexuellement vôtre…) ou plutôt « comiques » (Marche pas sur mes lacets, Embraye bidasse, ça fume !, Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu, Les Branchés à Saint-Tropez…).

Dès la fin des années 1970, Michel Vocoret se lance à son tour dans la mise en scène, et conçoit quelques longs-métrages, poussé par un certain succès, la plupart dépassant le million d’entrées : Les Bidasses au pensionnat, Nous maigrirons ensemble avec Peter Ustinov, Comment draguer toutes les filles, Qu’est-ce qui fait craquer les filles…

Dans ses mémoires intitulés C’est votre vrai nom ? (éditions Flammarion), Sylvie Jolie évoque le tournage du film Nous maigrirons ensemble. Cultissime : « J’ai tourné Nous maigrirons ensemble en 1979. Vous ne vous en souvenez plus ? C’est normal, il n’y a qu’une seule personne à qui ce film a laissé un souvenir indélébile : c’est moi, et pour cause ! Michel Vocoret était le réalisateur, et si je ne peux oublier ce tournage, c’est que j’avais pour partenaire Peter Ustinov. Mieux, j’avais une scène totalement ébouriffante avec lui : je le chevauchais littéralement. Je jouais, en effet, le rôle d’une kiné dans un magnifique survêtement bleu. Peter était couché au sol sur le ventre et je lui faisais des étirements. Le pauvre était attifé d’un marcel américain mauve atroce, gueulard, dégueulasse, avec une ganse blanche. Je n’osais rien dire, mais c’était horrible, disgracieux, on voyait tous ses bourrelets. C’était un homme absolument délicieux, charmant et plein d’humour. Sa petite femme, qui portait toujours un manteau de vison, ne le quittait pas d’une semelle. Il avait énormément de classe quelle que soit la situation car, pour une certaine scène, il devait même faire le chien en aboyant longuement, ce dont il s’est acquitté extraordinairement bien. C’était vraiment saisissant et il n’a jamais perdu sa dignité au cours de ces séances de jappements. »

Les Bidasses au pensionnat (Michel Vocoret, 1978)
Comment draguer toutes les filles… (Michel Vocoret, 1981)

Michel Vocoret clôture son œuvre dans la douleur en 1983, contraint par son producteur d’aller au bout d’un improbable projet, Le Retour des Bidasses en folie avec Les Charlots, et ce, alors que le script d’origine ne prévoit ni « Bidasses », ni « Charlots. » Luis Rego, qui avait quitté le groupe une dizaine d’années auparavant, accepte d’y participer sous certaines conditions : « Il faut que le scénario soit vraiment très très bon… ou alors que ce soit très très bien payé ! »

Qu'est-ce qui fait craquer les filles… (Michel Vocoret, 1982)
Le Retour des Bidasses en folie (Michel Vocoret, 1983)

Michel Vocoret s’épanouit ensuite dans le doublage, où ses cordes vocales font sensation : il est tour à tour Rataxès dans Babar, Gonzo dans Les Muppets Babies, Moriarty dans Sherlock Holmes, Graam dans Rahan, sans oublier Pat Hibulaire pour diverses productions Disney. Enfin, ami proche de Fernand Raynaud, Vocoret l’a côtoyé sur scène (Auguste de Pierre Chevalier), ainsi que dans le film Salut Berthe ! de Guy Lefranc (1968), accompagné de Rosy Varte, Darry Cowl ou encore de Jean Le Poulain, et lui consacre un livre, Mon ami Fernand Raynaud, publié aux éditions Michel Lafon en 2006.

Entretien avec Michel Vocoret

par Gilles Botineau

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