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Hommage à Ivan Reitman, le cinquième Ghostbusters

Hommage à Ivan Reitman, le cinquième Ghostbuster

Ivan Reitman le 9 novembre 1971 photographié par Doug Griffin - DRFeeling heartbreak today for Geneviève, Catherine, Caroline, Jason and family. The loss of my friend, collaborator, champion and one of the last great creative talents of the BIG SCREEN ERA crumples me. Now on Thursdays who am I gonna call?  Dan Aykroyd

Ivan Reitman is a legend. In Hollywood, he was bigger than life. He was comedy royalty.  Arnold Schwarzenegger

Les chasseurs de fantômes et les amateurs de comédies américaines des années 1980 sont en deuil : Ivan Reitman, le réalisateur de S.O.S Fantômes (1984) nous a quittés le 12 février à l’âge de 75 ans.

Né à Komamo (Tchécoslovaquie) le 27 octobre 1946 avant de grandir au Canada, Ivan Reitman effectue ses premiers pas dans l’industrie cinématographique en cumulant les casquettes de réalisateur et de producteur. Après avoir réalisé des courts-métrages à l’université d’Hamilton — où il croise ses futurs collaborateurs Eugene Levy et Rick Moranis — il produit et réalise en 1971 la comédie romantique Foxy Lady (La Renarde en vf), puis en 1973 la parodie horrifique Cannibal Girls.

Ivan Reitman et Nicole Morin sur le tournage de Foxy Lady - © Boris Spremo
Ivan Reitman et le chef opérateur Ken Lambert sur le tournage de Foxy Lady - © Boris Spremo

Son incursion dans le cinéma de genre se poursuit avec la production de deux longs-métrages séminaux de David Cronenberg, Frissons (1975) et Rage (1977), à la veille d’un virage définitif vers la comédie : en 1978, American College, co-écrit par Rick Moranis et réalisé par John Landis, pulvérise le box-office et propulse John Belushi au rang de superstar. Bill Murray, un autre comédien-vedette de l’émission Saturday Night Live, rejoint l’année suivante le Blues Brother au zénith de la comédie US avec Arrête de ramer, t’es sur le sable, puis Les Bleus (1981), deux triomphes commerciaux outre-Atlantique, et les premiers succès personnels du réalisateur canadien.

American College (National Lampoon's Animal House) de John Landis (1978)
Arrête de ramer, t’es sur le sable (Meatballs) de Ivan Reitman (1979)
Les Bleus (Stripes) de Ivan Reitman (1981)

Début des années 1980. Fasciné depuis l’enfance par les phénomènes paranormaux et ardent défenseur de l’existence des fantômes, Dan Aykroyd, le comédien-auteur du Saturday Night Live, s’inspire des histoires racontées par son bisaïeul Samuel Aykroyd, mais aussi des travaux conduits par les experts en physique quantique, pour imaginer une comédie paranormale intitulée Ghost Breakers. Dans un premier temps, Aykroyd souhaite partager l’affiche du film réalisé par Ivan Reitman avec John Belushi, son compère des Blues Brothers. Sa disparition brutale en 1982 oblige Aykroyd à recruter Bill Murray. Sur une suggestion de Reitman, Aykroyd engage également le comédien-scénariste Harold Ramis à la co-écriture du script. « Harold savait que des scientifiques étudiaient le paranormal, mais il n’y croyait pas lui-même. Il avait malgré tout des références sur le sujet, et c’est pour ça que nous avons écrit de manière efficace tous les deux », racontait Dan Aykroyd à CineComedies en 2017 [voir la vidéo].

Harold Ramis, Dan Aykroyd Ivan Reitman et Bill Murray en pleine promo de S.O.S fantômes - © collection personnelle Ivan Reitman

Étalé sur dix semaines à partir de l’automne 1983 et rebaptisé Ghostbusters, le tournage de la cinquième réalisation d’Ivan Reitman est marqué par la nonchalance de Bill Murray, qui ne manque pas d’afficher son manque d’intérêt pour le projet. Lors de la pré-production, Reitman est aussi confronté à un sérieux problème de timing : la sortie du film, prévue en juin 1984, contraint les équipes d’effets spéciaux à redoubler d’efforts, quitte à laisser passer quelques approximations. Qu’importe : lors de sa sortie à l’automne 1984, Ghostbusters rencontre immédiatement un énorme succès mondial en récoltant près de 300 millions de dollars à travers le globe.

Plus grand triomphe commercial de la carrière d’Ivan Reitman, Ghostbusters marque également le sommet créatif de sa filmographie. Passée la réussite incontestable de S.O.S. Fantômes (et sa suite inférieure sortie sur les écrans en 1989), Reitman signe en 1986 une élégante comédie policière, L’Affaire Chelsea Deardon avec Robert Redford, Debra Winger et Darryl.

S.O.S fantômes (Ghostbusters) de Ivan Reitman (1984)
S.O.S Fantômes II (Ghostbusters II) de Ivan Reitman (1989)
L'Affaire Chelsea Deardon (Legal Eagles) de Ivan Reitman (1986)

Puis il s’emploie à accompagner la conversion comique d’Arnold Schwarzenegger dans Jumeaux (1988), Un flic à la maternelle (1990) et Junior en 1994.

Arnold Schwarzenegger et Ivan Reitma - © collection personnelle A. Schwarzenegger

Jumeaux (Twins) de Ivan Reitman (1988)
Un flic à la maternelle (Kindergarten Cop) de Ivan Reitman (1990)
Junior (Ivan Reitman, 1994)

Parmi ses réalisations post-Ghostbusters, Président d’un jour (1993) et la parodie SF Évolution en 2001 côtoient Drôles de pères (1997), remake des Compères avec Robin Williams et Billy Crystal dans les rôles respectifs tenus par Pierre Richard et Gérard Depardieu dans le film de 1983 de Francis Veber.

Président d’un jour (Dave) de Ivan Reitman (1993)
Drôles de pères (Fathers' Day) de Ivan Reitman (1997)
Evolution (Ivan Reitman, 2001)

6 jours, 7 nuits (avec Harrison Ford et Anne Heche), un nouveau triomphe au box-office en 1998, Ma super ex (2005) avec Uma Thurman et Luke Wilson, Sex Friends (2011) avec Natalie Portman et Ashton Kutcher, et Le Pari, son ultime réalisation sortie en 2014.

6 jours, 7 nuits (Six Days Seven Nights) de Ivan Reitman (1998)
Ma super ex (My Super Ex-Girlfriend) de Ivan Reitman (2005)
Sex Friends (No Strings Attached) de Ivan Reitman (2011)

Côté production, Ivan Reitman s’est impliqué dans des projets aussi variés que la franchise Beethoven (pas le compositeur, le Saint-Bernard), Space Jam, l’excellent I Love You, Man de John Hamburg, Road Trip et Retour à la fac de Todd Philipps, ainsi que la chronique sociale In the Air, réalisée par son fils Jason en 2009.

Jason Reitman et son père Ivan sur le tournage de Ghostbusters: Afterlife

En décembre 2021, S.O.S. Fantômes : l’héritage réunissait pour la dernière fois père et fils au générique de la quatrième incarnation de la série Ghostbusters :J’ai collaboré avec tous les grands studios américains après avoir débuté dans le cinéma fauché quand j’étais jeune, mais je suis toujours resté un artisan dans ma tête“, déclarait cet hiver à Paris-Match Ivan Reitman.

Jason et Ivan Reitman en promo de Ghostbusters: Afterlife © John Angelillo

I’ve lost my hero.
All I want is the chance to tell my father one more story. He came from a family of survivors and turned his legacy into laughter. Thank you for the kind messages. Enjoy his movies and remember his storytelling gifts. Nothing would make him happier.
 
Jason Reitman

par Christophe Geudin

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